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Vérifier une plateforme avant de verser
Les fausses plateformes de trading et de cryptomonnaie se ressemblent toutes, avec leur site soigné et leur conseiller attentif, et elles changent de nom plus vite que les listes ne se mettent à jour. Ce site ne tient pas de liste de plateformes et renvoie aux autorités qui en publient.
De la publicité au retrait impossible
Tout commence en général par une publicité sur un réseau social, souvent une vidéo ou un faux article de presse dans lequel une personnalité semble recommander la plateforme. L'OFCS relève que les auteurs usurpent l'identité de personnalités, y compris celle de la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, et recourent aux hypertrucages.
Vous laissez vos coordonnées sur un formulaire, puis un prétendu conseiller vous appelle et vous rappelle avant de vous ouvrir un compte et de vous faire verser un premier montant, souvent modeste. Un tableau de bord affiche ensuite votre capital qui grimpe, et l'on vous encourage à verser davantage. Le jour où vous voulez récupérer votre argent, on vous réclame une taxe, des frais ou une vérification, puis une nouvelle somme une fois la première réglée.
L'OFCS a reçu 3'485 annonces de fausses publicités d'investissement au premier semestre 2025, près de cinq fois plus qu'un an plus tôt.
Où vérifier une plateforme
Relevez d'abord l'adresse exacte du site, copiée depuis la barre d'adresse, et le nom complet de la société qui l'exploite. Cherchez ensuite cette société sur la page « Etablissements, personnes et produits autorisés » de la FINMA, où doit pouvoir être retrouvée toute société qui se présente comme banque, maison de titres ou gestionnaire de fortune en Suisse. Consultez dans un second temps la liste d'alerte de la FINMA, qui recense des entreprises susceptibles d'exercer sans autorisation une activité soumise à autorisation, en y cherchant aussi bien le nom de la société que l'adresse du site.
En 2025, la FINMA a procédé à plus de 300 inscriptions sur sa liste d'alerte, un record, et a ouvert environ 450 investigations contre des entreprises et des personnes potentiellement actives sans autorisation.
I-SCAN, le portail de l'OICV, regroupe quant à lui les mises en garde publiées par les régulateurs financiers du monde entier. Le registre du commerce (Zefix) permet enfin de vérifier que la société existe et que son nom et son adresse correspondent à ceux qui figurent sur le site.
Les limites d'une vérification
Une plateforme absente des listes d'alerte n'est pas fiable pour autant, dès lors que les copies apparaissent plus vite que les mises en garde, et la FINMA précise elle-même qu'il n'y a « aucune garantie » que sa liste d'alerte soit « exhaustive et totalement à jour ». A contrario, une inscription sur une liste d'alerte ne vaut pas jugement.
Quand renoncer à verser
Chacun des indices qui suivent justifie de renoncer, même lorsque le reste paraît sérieux. Une publicité dans laquelle une personnalité recommande un placement en fait partie, tout comme un rendement présenté comme sûr ou régulier. Il en va de même lorsque le conseiller vous relance tous les jours, qu'il vous demande d'installer un logiciel de prise en main à distance ou que l'on vous réclame des frais pour retirer votre propre argent.
Vous avez déjà versé de l'argent
- Cessez tout paiement, puisqu'aucune taxe, même présentée comme le prix du déblocage, ne vous rendra votre argent.
- Prévenez immédiatement votre banque, car certains virements peuvent encore être bloqués ou rappelés.
- Désinstallez tout logiciel de prise en main à distance et changez vos mots de passe depuis un autre appareil.
- Conservez l'adresse du site, les captures du tableau de bord, les numéros qui vous ont appelé et les coordonnées bancaires ou adresses de cryptomonnaie utilisées. Le dossier de preuves indique ce qu'il faut rassembler d'autre.
- Déposez plainte auprès de la police, comme le recommande l'OFCS, en apportant ces éléments.
Si quelqu'un vous propose ensuite de récupérer vos fonds contre rémunération, ne le payez pas, car il s'agit fréquemment d'une seconde arnaque, que décrit la fiche Arnaque à la récupération de fonds. Le questionnaire évaluer ma situation vous aide à déterminer ce qui est prioritaire dans votre cas.
Questions fréquentes
Comment savoir si une plateforme d'investissement est une arnaque ?
Vérifiez d'abord si la société figure parmi les établissements autorisés par la FINMA, puis cherchez l'adresse exacte du site sur la liste d'alerte de la FINMA et sur I-SCAN. Une publicité mettant en scène une personnalité, un rendement garanti ou des frais exigés pour retirer votre argent constituent déjà des indices sérieux.
Pourquoi ce site ne publie-t-il pas de liste de plateformes ?
Ces listes sont tenues et mises à jour par les autorités, de sorte qu'en les consultant directement vous disposez de l'information la plus récente.
J'ai réussi un premier retrait, est-ce bon signe ?
Non. Laisser sortir une petite somme est un procédé courant, qui sert à gagner la confiance de la victime avant de lui réclamer des montants plus importants.
Cette page s'appuie sur la liste d'alerte et la liste des établissements autorisés de la FINMA, sur le portail I-SCAN de l'OICV, sur une communication de l'OFCS du 18 novembre 2025 et sa page sur la fraude à l'investissement en ligne, ainsi que sur la conférence de presse annuelle de la FINMA du 21 avril 2026. Vérifié le 11 octobre 2026.