Site privé d'information, édité par Me Matthias Traussnig, avocat à Genève

Se protéger de la plupart des arnaques

Les précautions qui suivent valent pour la plupart des escroqueries, quelle que soit la forme qu'elles prennent.

Lorsqu'on vous presse

Lorsqu'on vous parle d'un délai qui expire ou d'un compte à débloquer dans l'heure, ou que l'on vous menace, le but est presque toujours de vous empêcher de réfléchir. Prenez le temps qu'on cherche à vous refuser, dès lors qu'aucune démarche légitime ne se règle en dix minutes. La consigne de garder le secret procède de la même logique et doit vous alerter. Au téléphone, une vraie autorité ne vous demande pas de cacher l'appel à vos proches ou à votre banque. Le plus utile est alors d'en parler à quelqu'un de confiance, à voix haute.

Vérifier qui vous contacte

Le nom d'un expéditeur, le numéro qui s'affiche ou une page qui ressemble à celle de votre banque se falsifient facilement, de sorte que l'apparence ne prouve rien. Si un appel vous inquiète, raccrochez donc et rappelez l'organisme au numéro que vous aurez cherché de votre côté, jamais à celui qu'on vous donne.

Les codes de sécurité

Un code de sécurité ne se communique à personne, ni au téléphone ni par message, et pas davantage à celui qui se présente comme conseiller, policier ou technicien. La personne qui vous le demande veut en général se connecter à votre place.

Les promesses de gain et les frais de retrait

Aucun placement sérieux ne promet des gains élevés et réguliers sans aucun risque, si bien qu'une telle promesse suffit à faire reconnaître l'escroquerie. Une demande de paiement pour récupérer votre propre argent, qu'on l'appelle taxe de retrait, frais de déblocage ou caution, signe de la même manière une arnaque, et mieux vaut alors ne plus rien verser.

Après une arnaque

Un récupérateur de fonds se manifeste parfois peu après l'arnaque. Il s'agit très souvent d'une seconde escroquerie, montée par les mêmes auteurs. La récupération des fonds, lorsqu'elle est possible, passe par les autorités, que vous pouvez saisir vous-même en déposant plainte, avec ou sans avocat. Ne versez rien à un inconnu qui vous la promet, et si quelqu'un se présente comme avocat, vérifiez qu'il figure au registre cantonal des avocats.

Les proches âgés

Il arrive que la famille ne découvre l'escroquerie qu'après le décès de la personne trompée. Si le lésé décède sans avoir renoncé à ses droits de procédure, ceux-ci passent à ses proches au sens de l'art. 110 al. 1 CP, notamment son conjoint, ses parents en ligne directe et ses frères et sœurs, dans l'ordre de succession (art. 121 al. 1 CPP). Lorsqu'un parent âgé évoque un nouveau conseiller ou un placement en ligne, mieux vaut en parler avec lui sans attendre.

La page Aider un proche âgé développe ces conseils.

Chaque année, des personnes prudentes et bien informées se font prendre. Si cela vous arrive, parlez-en à un proche et déposez plainte.